Ces petites actions qui font une grande différence

Ces petites actions qui font une grande différence

Ce texte peut résonner si…
Du jour au lendemain, vous avez eu l’impression de ne plus savoir quoi faire, ni comment habiter vos journées.

Il aborde la perte de repères du quotidien lorsque la fragilité s’installe.
Il invite à réinventer une routine, à mettre en place de petits — ou grands — dispositifs pour retrouver un ancrage.

À lire si…
Vous cherchez à créer de nouveaux marqueurs de stabilité dans votre quotidien.

Temps de lecture estimé : 4-6 minutes 
Lecture active

Lorsque survient la dépression, tout semble cesser de fonctionner.
Les repères temporels, chronologiques, corporels, alimentaires se désorganisent.
Ce qui faisait tenir le quotidien devient flou, instable, parfois chaotique.

Il faut alors imaginer — et surtout expérimenter — de petites actions, parfois très simples, pour se recréer un quotidien.
Un quotidien dans lequel la maladie prend beaucoup de place, certes, mais sans occuper tout l’espace.

Coup d'arrêt à un quotidien bien huilé

Avant la dépression, je ne m’étais pas rendu compte à quel point mon quotidien tournait autour de mon travail.
Avec le recul, cela paraît évident : je passais quarante-cinq heures par semaine, pause déjeuner comprise, dans ces locaux.

Lorsque j’ai cessé de travailler, mes seules sorties se sont réduites à mes rendez-vous médicaux.
Ils rythmaient mes journées.

En dehors de cela, plus de repères.
Plus de routine.
Plus vraiment de raison de me lever.

Mon alimentation est devenue anarchique, alors même que j’ai toujours aimé cuisiner.
Mon rythme de vie, lui aussi, s’est désorganisé.
Je ne mesurais pas encore à quel point la routine structure nos journées — jusqu’au moment où elle disparaît totalement.

Ritualiser pour survivre

J’ai alors pris conscience d’une chose essentielle : pour survivre — et je pèse mes mots — il me fallait réintroduire des rituels.
Des actions, même minimes, capables de me remettre dans une posture active, plutôt que de subir mes journées.

Comme je l’explique dans mon article Le jour où j’ai cessé de tenir bon, les premiers signes de mon burn-out ont coïncidé avec mon déménagement.
À cette période, j’ai fait le choix — à la fois conscient et instinctif — de ne pas avoir de machine à laver.
Si je voulais laver mes vêtements, je devais aller à la laverie.

Pas d’aspirateur non plus. De toute façon, il n’a jamais fait partie de mon quotidien plus jeune : chez mes parents, il n’y avait que des balais.

J’avais besoin — ou peut-être envie — d’un engagement physique pour accomplir les tâches les plus simples.
Faire le ménage, laver mes vêtements, prendre soin de mon intérieur supposait de me mettre en mouvement, de sortir de chez moi.

J’ai lu plusieurs témoignages de personnes pour qui le ménage était devenu impossible pendant une période de fragilité psychique.
Pour ma part, le désordre générait une anxiété intense.
Ranger chez moi me permettait, d’une certaine manière, de faire aussi un peu de tri dans ma tête.

Ritualiser pour se remettre en mouvement

Pour me réapproprier ma vie, au-delà de ces choix du quotidien, j’ai mis en place d’autres dispositifs.

Mon psychiatre m’a souvent rappelé combien l’activité physique — quelle qu’elle soit — pouvait participer au processus de guérison.
J’ai alors choisi d’être accompagnée par une coach en activité physique adaptée, formée à l’accompagnement de personnes présentant des pathologies.

J’aurais pu reprendre une activité seule, mais j’ai ressenti le besoin de contractualiser, de m’engager moralement auprès de quelqu’un.
Ce cadre m’a aidée à avancer.

Cet accompagnement m’a permis de rééquilibrer mon alimentation — un point très fragile pour moi — et de renouer avec mon corps dans l’effort.

Je me suis également procuré un semainier.
J’y notais — et j’y note encore — mes rendez-vous et mes petites tâches à venir.
Très concrètement, cela m’a permis de visualiser mes journées, et de constater que mon quotidien n’était pas vide.
Il était allégé, oui.
Mais pas le néant.

Ritualiser pour s'ancrer à nouveau

Toutes ces actions, au départ, m’ont contrainte.
Puis, elles m’ont entraînée.
Et peu à peu, je me les suis appropriées.

Elles sont devenues de nouveaux points d’ancrage.
De nouveaux rituels.
De nouvelles habitudes de vie.

Elles m’ont permis de me remettre en mouvement.
Cela peut sembler anodin, mais pour moi, cela a fait toute la différence.

Et vous ?

Avez-vous mis en place des gestes, des routines ou des astuces pour traverser des périodes de fragilité ?
Ce texte vous inspire-t-il à en créer de nouvelles ?

Je serais heureuse d’échanger avec vous à ce sujet.

S vous souhaitez comprendre le moment où le corps impose l’arrêt, vous pouvez aussi lire :
Le jour où j’ai cessé de tenir bon
Lire

Note aux lectrices et lecteurs :
Ce texte témoigne d’un vécu personnel.
Il ne se substitue pas à un accompagnement médical ou thérapeutique.

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Vivre avec la fragilité